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13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 10:20

 

Le Point.fr s'est procuré le rapport sur l'intervention du Raid contre Mohamed Merah rédigé par Amaury de Hauteclocque. Extraits.

 

DANGER DE MORT

"Tu tues mes frères, je te tue", c'est le 11 mars que Mohamed Merah, 23 ans, commence son équipée sanglante. Il assassine le maréchal des logis-chef Imad ibn Ziaten, du 1er régiment du train parachutiste à Toulouse, d'une balle tirée à bout portant. Le 15 mars, deux militaires du régiment du génie parachutiste de Montauban, le caporal Abel Chennouf et le première classe Mohamed Legouad sont exécutés à leur tour. Loïc Liber, première classe, est, lui, gravement blessé. Le 19 mars 2012, le tueur franchit encore un pas dans l'horreur : il s'en prend à l'école juive Ozar-Hatorah. Myriam Monsonego, 8 ans, Gabriel Sandler, 4 ans, et son frère Arié, 5 ans, ainsi que leur père, Jonathan Sandler, enseignant, sont abattus à l'entrée et dans la cour de cet établissement toulousain.

 

MERAH.JPG

Polémique

L'auteur des faits est enfin identifié. La DCPJ et la DCRI aidées du Raid organisent un dispositif de surveillance autour du domicile de Mohamed Merah, rue du Sergent-Vigné, un quartier plutôt résidentiel de la Ville rose. Nous sommes le 21 mars, il est 3 h 15...

Le rapport du contrôleur général Amaury de Hauteclocque, chef du Raid, date du 23 mars dernier. Il fait suite à une polémique qui s'est développée après une intervention qui a surpris par sa durée (plus de 30 heures), sa violence (six hommes du Raid ont été blessés dans l'opération), son issue : l'homme devait être interpellé, il sera finalement abattu.

Le patron du Raid revient donc en détail sur l'intervention de ses équipes : comment les hommes du Raid ont été accueillis par un Merah déchaîné, alors qu'ils pensaient le surprendre, comment Merah les a bernés, leur laissant croire qu'il était "dans les meilleures dispositions pour accepter le protocole de reddition".

"Impérieuse nécessité de l'interpeller"

Le rapport d'Amaury de Hauteclocque explique surtout pourquoi Merah est mort, alors que l'objectif était de le prendre vivant. Il souligne que consigne avait été donnée aux policiers de "conserver à l'esprit l'impérieuse nécessité de l'interpeller et d'interpréter avec la plus stricte rigueur les conditions de la légitime défense". 

C'est comme à regret qu'Amaury de Hauteclocque conclut son rapport : "Malgré les efforts déployés, en retardant au plus loin ses actions légitimes de riposte proportionnée qui auraient permis de mettre un terme plus tôt aux tirs dont nous étions l'objet et de préserver l'intégrité de ses personnels [...], le Raid n'est pas parvenu à interpeller Mohamed Merah et à le maintenir en vie contre son gré."

EXTRAITS

I. Tentative d'interpellation du dénommé Mohamed Merah le 21 mars à 3 h 15

"[...] La colonne d'intervention progressait silencieusement aux abords de l'immeuble... La lumière du hall d'immeuble n'était pas allumée de manière à ne pas révéler notre présence. Les deux policiers du Raid chargés de mettre en place le système d'ouverture forcée de la porte d'entrée se positionnaient sous la protection de la colonne d'intervention. Au moment de cette mise en place, ces policiers étaient surpris par l'ouverture soudaine de la porte par le mis en cause. Les policiers étaient alors surpris par le passage d'une main porteuse d'un pistolet semi-automatique et l'ouverture de feu dans leur direction sans qu'ils puissent réagir pour se mettre à l'abri ou encore riposter. L'un des policiers recevait deux projectiles au niveau de l'abdomen et devait son salut aux protections balistiques dont il était porteur. Un deuxième policier ressentait plusieurs impacts dans le bouclier de protection qu'il tenait à bout de bras.

[...] Devant ces faits inattendus, j'annonçais à haute voix notre qualité de policier... Cette action ne produisait pas l'effet escompté, le mis en cause redoublant de vigueur et tirant aveuglément dans notre direction.

[...] L'effet de surprise n'étant plus à notre avantage, les policiers ouvraient le feu en direction de la porte afin de couvrir le retrait de l'un des policiers touchés qui devait repasser devant la porte afin de s'extraire de cette mauvaise posture.

La colonne d'intervention essuyait à nouveau un feu nourri de la part du mis en cause. [...]

À 3 h 45, nous sollicitions les services compétents à l'effet de couper le gaz sur tout le quartier considéré. Le réseau était purgé et la coupure effective à 4 h 50. [...]

La situation ayant dégénéré...

La situation étant à nouveau figée, Mohamed Merah s'étant retranché à l'intérieur de son domicile sans que l'on puisse le localiser précisément dans la mesure où les volets métalliques de ses trois fenêtres étaient fermés, je décidais d'engager une liaison d'opportunité à la voix avec le mis en cause par l'intermédiaire de l'un des négociateurs du Raid. Notre qualité de policier lui était une nouvelle fois formellement précisée. Soucieux d'obtenir la résolution pacifique de cette situation de crise, je demandais au négociateur de rassurer le mis en cause sur nos intentions en lui indiquant que nous souhaitions simplement qu'il se constitue prisonnier. 

À 5 h 35, le mis en cause nous répondait en nous invectivant et en ouvrant le feu en direction des tireurs d'élite du Raid pourtant dissimulés derrière des véhicules stationnés sur la chaussée à hauteur des fenêtres de cet appartement. À noter que ces tireurs de haute précision étaient engagés sur l'opération comme à l'accoutumée pour nous renseigner sur les mouvements éventuels à l'intérieur de l'appartement visé d'une part et pour couvrir la progression de la colonne d'intervention d'autre part. 

La situation ayant ainsi dégénéré et changé de nature (nous passions d'une opération d'interpellation matinale à une situation de forcené retranché), un changement de rythme était décidé afin de préserver la vie de l'ensemble des personnes impliquées dans cette opération."

Dans cette première phase, quatre hommes du Raid sont blessés (NDLR).

II. La phase de négociation

"[...] La stratégie de négociation arrêtée d'un commun accord avec les autorités administratives et judiciaires consistait à le conduire à prendre conscience qu'il n'avait pas d'autre issue que celle de se rendre au service interpellateur, étant entendu que sa réaction violente à l'égard des forces de police n'avait eu aucune conséquence dramatique quant à présent. Dans la première phase de cette négociation, nous avons cherché à établir un lien de confiance en lui permettant notamment de ventiler ses émotions et de s'expliquer sur les circonstances qui l'ont conduit à réagir de cette manière à notre arrivée. 

Durant toute la négociation, Mohamed Merah faisait preuve, en apparence, de bonne volonté. Celle-ci se manifestait de plusieurs manières. Il acceptait par exemple de nous remettre l'une de ses armes (pistolet semi-automatique) en la jetant par la fenêtre vers 7 h 15 le mercredi 21 mars 2012. Il acceptait encore de nous désigner un véhicule de location stationné à l'arrière du bâtiment et à l'intérieur duquel il avait entreposé des armes. Toutes ces manifestations permettaient au service enquêteur de rassembler des éléments de preuve susceptibles de confirmer son implication dans les faits de l'espèce.

Ces déclarations étaient, en tout état de cause, de nature à nous laisser raisonnablement penser qu'il était dans les meilleures dispositions pour accepter le protocole de reddition. Elles nous incitaient à prolonger cette phase autant que nécessaire, de manière à ne pas compromettre l'issue de cette opération, l'objectif poursuivi étant de l'interpeller sans incident et de le mettre à disposition du service enquêteur. 

Satisfaction

Mohamed Merah déclarait d'emblée être l'auteur des assassinats ayant défrayé la chronique ces derniers jours dans la région de Montauban (82) et de Toulouse (31). Il revendiquait son action en faisant valoir son appartenance à la mouvance djihadiste internationale et plus particulièrement à la nébuleuse al-Qaida. [...]

Mohamed Merah déclarait vouloir tuer des militaires et des policiers français à raison de l'engagement militaire et diplomatique de la France au côté des forces de la coalition dans la lutte contre le terrorisme en général et al-Qaida en particulier. Le fait que les premières victimes soient de confession musulmane n'entamait en rien sa satisfaction et sa conviction d'avoir bien agi. Il estimait en effet que les musulmans engagés dans l'armée française devaient être considérés, selon ses critères, comme des "traîtres" à la cause qu'il défendait. 

Dans le cadre des négociations, Mohamed Merah s'engageait formellement à se constituer prisonnier à l'issue de la journée du mercredi 21 mars 2012. [...] Il expliquait néanmoins vouloir un peu de temps pour se préparer à ce moment, indiquant que la perspective d'être condamné par la suite à la réclusion criminelle à perpétuité n'était pas simple à admettre à son âge. Nous convenions du protocole de reddition qui devait être mis en oeuvre au plus tard le mercredi 21 mars 2012 à 23 heures. 
Pendant toute la phase de négociation, les policiers des groupes d'intervention du Raid se préparaient à la mise en oeuvre d'une intervention planifiée (cf. infra), afin de parer à toute éventualité. [...]

Un combat à mort avec les forces de l'ordre

Le mercredi 21 mars 2012 à 22 h 45, Mohamed Merah déclarait finalement ne pas vouloir se constituer prisonnier contrairement à ses engagements pourtant réitérés à plusieurs reprises. Il admettait même ne jamais l'avoir réellement envisagé, expliquant en fait qu'il nous avait délibérément menti sur ses intentions réelles afin de gagner du temps. Il déclarait avoir mis à profit tout ce temps pour se reposer et se préparer à notre intervention.

Mohamed Merah déclarait froidement vouloir mourir "les armes à la main" et que son destin était entre les mains d'Allah. Il déclarait être bien au fait des techniques habituellement mises en oeuvre par les unités d'intervention comme le Raid et qu'il s'y était préparé. Il indiquait qu'il était lourdement armé et qu'il essaierait de faire un maximum de victimes dans nos rangs. Il précisait notamment qu'il était détenteur d'un fusil d'assaut de type Kalashnikov AK 47. Il ajoutait d'ailleurs qu'il regrettait de ne pas avoir tué ou blessé davantage de policiers du Raid lors de notre arrivée. 

Durant toute la phase de négociation, Mohamed Merah tenait un discours réfléchi, rationnel et cohérent. Il assumait son attachement à l'islam radical, citant régulièrement des versets du Coran ou encore certains propos imputés à Ayman al-Zawahiri, le chef du réseau terroriste al-Qaida, tels que : "J'aime la mort autant que vous aimez la vie." 

Mohamed Merah revendiquait ses actions avec force détails sans manifester le moindre remords. Il ne dissimulait nullement ses intentions homicides à l'égard des forces de sécurité (militaires et policiers), sans pour autant utiliser l'invective ou l'injure.

Informées par nos soins régulièrement de l'état d'avancement des négociations en cours, les autorités administratives et judiciaires ne pouvaient que constater la situation de blocage et notre impuissance à raisonner le mis en cause, qui avait manifestement décidé depuis le début de livrer un combat à mort avec les forces de l'ordre. [...]

III. L'intervention planifiée du jeudi 22 mars 2012 à 10 h 30

Il convient de préciser que l'ensemble des opérations menées par le Raid ont été validées au préalable par les autorités administratives et judiciaires compétentes. 
Considérant le fait que le mis en cause avait mis à profit la journée du mercredi 21 mars 2012 pour reprendre des forces, nous décidions de nous organiser pour l'empêcher de se reposer. [...] 
Alors même que Mohamed Merah nous avait notifié verbalement son intention d'opposer une résistance farouche et de mourir les armes à la main si nous tentions une quelconque manoeuvre destinée à le déloger, les policiers du Raid étaient tous sensibilisés, par l'intermédiaire de leur chef d'équipe, afin de conserver à l'esprit l'impérieuse nécessité de l'interpeller. La consigne leur était donnée de retarder autant que possible l'usage des armes létales en direction du mis en cause et d'interpréter avec la plus stricte rigueur les conditions de la légitime défense. 

Les policiers emploient des grenades "flash bang" pour empêcher Merah de dormir et installent des perches vidéo pour le localiser dans l'appartement (NDLR).

Il convient de préciser à ce stade que l'ensemble des policiers devant intervenir à l'intérieur des lieux étaient munis de leur masque à gaz dans la mesure où il était prévu de saturer l'espace de gaz lacrymogène afin de contraindre le mis en cause à sortir de son lieu de retrait, vraisemblablement la salle de bain. Cette manoeuvre était retardée dans la mesure où le reste de l'appartement, vide de tout occupant (cf. la couverture vidéo), était ouvert au quatre vent [sic]. Le résultat escompté n'aurait pas été atteint et aurait eu pour effet de gêner la progression des policiers du Raid. 

Vers 11 h 30, le groupe d'intervention placé au niveau de la porte, qui réalisait une brèche à l'aide d'une perche métallique dans le mur des WC attenant à la salle de bain, annonçait contre toute attente une nouvelle agression armée dans leur [sic] direction. Malgré cela, instruction était donnée de ne pas riposter et de lancer des grenades offensives afin de déstabiliser le mis en cause et de s'assurer de sa personne. [...]

Une action de feu destinée à le neutraliser

Mohamed Merah s'engageait alors dans une action désespérée d'une rare violence destinée apparemment à tuer un maximum de policiers engagés sur l'opération. 

Le mis en cause se découvrait en quittant sa pièce de repli (la salle de bain) et faisait feu sans discontinuer pendant de longues minutes en direction des policiers positionnés sur le balcon et en direction des tireurs d'élite. L'un des tireurs d'élite tentait même de neutraliser le mis en cause en lui tirant au niveau du poignet gauche. Cette action de tir réussie, si elle affaiblissait vraisemblablement le mis en cause, ne le stoppait pas. 

Le mis en cause se rapprochait des fenêtres et faisait feu dans la direction des policiers repliés derrière le mûr porteur situé entre les fenêtres 1 et 2. L'un des policiers du Raid pris sous le feu et positionné sur le balcon tentait de se dégager. Lors de cette manoeuvre, il subissait l'onde de choc d'un tir qui frôlait son casque et qui lui faisait perdre l'équilibre. Un deuxième projectile lui effleurait le cou au niveau de la carotide. Il chutait finalement du balcon avant d'être pris en charge par d'autres policiers du Raid positionnés à l'aplomb des fenêtres. 

Mohamed Merah s'acharnait sur les deux autres policiers encore présents sur le balcon avant d'être repoussé par les tirs de riposte des tireurs d'élite. Loin de renoncer à sa folie meurtrière, Mohamed Merah [...] procédait à un tir dit "à la palestinienne", dirigeant son bras armé en direction des policiers situés en contrebas et tirant aveuglément dans leur direction sans s'exposer outre mesure. L'un des policiers du Raid était alors blessé par balle au niveau du pied. 

Considérant l'impossibilité matérielle pour certains policiers du Raid ainsi positionnés sous les fenêtres de s'extraire et de se replier, les tireurs d'élite devaient se résoudre à faire une action de feu destinée à le neutraliser. Mohamed Merah recevait plusieurs impacts le déséquilibrant. Il tombait au sol par la fenêtre, inanimé. [...]

Malgré les efforts déployés, en retardant au plus loin ses actions légitimes de riposte proportionnée qui auraient permis de mettre un terme plus tôt aux tirs dont nous étions l'objet et de préserver l'intégrité de ses personnels, en s'interdisant l'utilisation de certaines techniques et de certaines armes alors même que les circonstances l'auraient justifiée, le Raid n'est pas parvenu à interpeller Mohamed Merah et à le maintenir en vie contre son gré."

Ex Lepoint.fr  r  ET 

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Published by pierre - dans REVELATIONS
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