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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:49

Les questions sont directes et les réponses aussi. Des vérités très bonnes à dire, comme chacun en a le droit ! Le spécialiste est l'imam de Drancy en France, lui-même menacé.

 

AVARE DENTS    

 

 

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Source: Lalibre

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 13:29

Voici des révélations qui pourraient être les nôtres un jour ou l'autre: étrange et pourtant réel !

Nicole : "Un groupe de personnes, que j’ai appelées plus tard des êtres de lumière, s’est dirigé vers moi. J’étais baignée par l’amour. "
Nicole : "Un groupe de personnes, que j’ai appelées plus tard des êtres de lumière, s’est dirigé vers moi. J’étais baignée par l’amour. "
(NBD)

18 % de ceux qui sont revenus d’un coma racontent des curieuses histoires.

Au départ il y a la récente médiatisation du livre de Jean-Paul Duc, un cadre supérieur de Haute-Savoie déclaré mort par les médecins après une crise cardiaque. Alors qu’on le transfère à la morgue, un infirmier découvre stupéfait que sa poitrine bouge. De cette mort clinique, au cours de laquelle il affirme avoir vécu une expérience extraordinaire, appelée “expérience de mort imminente” (Emi), l’homme a tiré un livre (1). Troublant.

Midi Libre a lancé un appel à témoins pour rencontrer des personnes ayant vécu une expérience analogue. Contre toute attente, c’est une avalanche d’histoires intimes (109 précisément) qui ont déferlé. Nous avons échangé avec 37 de nos témoins, tous faisant preuve d’une grande sincérité et de beaucoup d’humilité face à un phénomène qui les dépasse et les interroge... Récits.

"Un groupe de personnes, que j’ai appelées plus tard des êtres de lumière, s’est dirigé vers moi"

Nicole Canivenq habite à Saint-Jean-de-Védas (Hérault). En 2003, la voiture de cette brillante directrice commerciale percute un arbre avec une rare violence.

"Je n’ai pas eu conscience de l’accident. Je me suis simplement éveillée avec le sentiment de n’être pas dans le bon sens, de “ flotter” au-dessus de mon corps. Un groupe de personnes, que j’ai appelées plus tard des êtres de lumière, s’est dirigé vers moi. J’étais baignée par l’amour. Pas l’amour comme on le connaît ici. Quelque chose de profondément différent, et de mille fois plus intense." Onze ans plus tard, elle a quitté son travail pour devenir sophrologue et "aider les autres". Elle n’a jamais été croyante, au sens religieux du terme.

Yoan a 9 ans. En 2010, il chute dans l’escalier, à Canet-en-Roussillon. Transporté d’urgence à l’hôpital de Perpignan, son cœur s’arrête pendant quelques minutes. Il reste onze jours dans le coma.

"Au bout, il y avait une lumière très forte"

"J’étais assis et je regardais les docteurs en train de soigner un enfant. Je n’avais pas compris que c’était moi. Ils parlaient fort et s’agitaient. Je ne comprenais pas pourquoi. J’avais peur : je suis allé à la recherche de ma maman. J’ai suivi un couloir très sombre, au sol mou comme de la moquette. Au bout, il y avait une lumière très forte, comme quand on ouvre les volets le matin, mais ça ne faisait pas mal aux yeux. Il y avait plein d’autres enfants qui avaient tous l’air gentils. J’étais bien. Comme quand papa revient et qu’on va jouer à la plage."

Chose curieuse, alors que l’enfant était plongé dans un coma artificiel, il se rappelle du prénom de l’interne qui s’est occupé de lui. Un interne qui a changé d’hôpital avant son réveil.

Après l'accident, "il est devenu le meilleur élève de sa classe"

Annick, la mère de Yoan, reste inquiète : "J’entends souvent mon fils parler tout seul dans sa chambre, et dire des choses très matures pour son âge. Mais le plus stupéfiant, c’est qu’avant l’accident, il avait beaucoup de difficultés à l’école, il était bagarreur et dissipé. Il n’arrivait pas à apprendre à lire. Depuis, il est devenu le meilleur élève de sa classe, et c’est maintenant un petit garçon très sage."

Joseph Garcia a 82 ans et vit à Lagamas (Hérault). À l’âge de 21 ans, alors qu’il travaille comme coffreur-boiseur dans la centrale thermique des Houillères de Carmaux (Tarn), l’une des barres métalliques qu’il utilise pour damer le béton entre en contact avec une ligne à haute tension.

"Il y avait une tache blanche au fond. Un blanc absolu."

"On m’a raconté qu’il y avait eu un arc électrique terrible." Le vieux monsieur a gardé secrète cette histoire depuis plus de soixante ans, sans même en parler à son épouse : "Je me suis retrouvé avec trois enfants dans une grande salle ocre, très belle. Je me suis rendu compte que c’était un tunnel. Il y avait une tache blanche au fond. Un blanc absolu. Même la neige n’est pas aussi blanche. Je me suis senti immédiatement très léger. Je me suis dit : si c’est ça mourir, je ne crains pas la mort. Depuis j’ai essayé mille fois de retrouver cette sensation de plénitude, sans jamais y arriver. Ça m’a suivi toute ma vie."

"Moi aussi j’ai vu le tunnel et la lumière."

Marc-Paul, de Poussan (Hérault), est un ingénieur des Mines à la retraite qui a bien la tête sur les épaules. "Je n’en ai jamais parlé parce qu’on m’aurait pris pour un fada. Mais je sais que je n’ai pas rêvé, c’était trop fort et trop réel." Il est blessé près de Constantine, pendant la guerre d’Algérie, d’une balle qui lui percute la tempe. Il est hospitalisé et reste inconscient pendant un mois.

"Moi aussi j’ai vu le tunnel et la lumière. Mais ce qui me convainc que je n’ai pas rêvé, c’est que pendant ce voyage, j’ai appris plusieurs choses que je ne pouvais qu’ignorer. Les circonstances du décès de mon oncle, à Verdun, que j’ai vérifiées après dans les archives militaires lors de leur ouverture au public. J’ai aussi vu comment j’aurais à résoudre, longtemps après, un problème technique très particulier dans le creusement d’un tunnel dans les Alpes."

Ils discutent avec des morts...

D’autres témoignages encore. Une vieille dame de Lunel qui raconte avoir discuté avec son mari, mort depuis sept ans, alors qu’elle sombrait dans le coma à l’hôpital Lapeyronie. Un couple de motards du Gard qui ont vécu une expérience similaire dans deux hôpitaux différents après un accident tragique. Une jeune maman qui est passée à côté de la mort en accouchant et qui raconte un étrange dialogue avec son enfant mort-né.

Des dizaines d’histoires troublantes enfin, de témoins qui ne cherchent pas la publicité mais vivent avec ce souvenir qui les dépasse et guide leur vie entière. Et pose bien des interrogations !

ex Midilibre

 

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 13:26

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Le Dr Jean-Jacques Charbonier, anesthésite-réanimateur à Toulouse, travaille sur la question depuis 23 ans. Il a écrit bon nombre de livres et d'articles scientifiques sur la question.
Le Dr Jean-Jacques Charbonier, anesthésite-réanimateur à Toulouse, travaille sur la question depuis 23 ans. Il a écrit bon nombre de livres et d'articles scientifiques sur la question. (D.R.)

18% des personnes qui frôlent la mort racontent avoir vécu une expérience connue sous le nom de NDE (acronyme pour Near death experience, pour Expérience de mort imminente (EMI). D'après les statistiques, ils seraient 20 millions en Europe.

Les témoignages foisonnent (lire notre article d'avant-hier) et, quels que soient leur pays, leur âge, leur sexe, leur situation sociale, leur culture ou leur religion, leurs récits présentent d’étranges similitudes et se déclinent presque toujours à l’identique. Une énigme qui divise la communauté scientifique.

Le docteur Jean-Jacques Charbonier est médecin anesthésiste-réanimateur et médecin référent à Toulouse. Conférencier, auteur de plusieurs ouvrages sur ces questions qu’il étudie depuis plus de 23 ans il est convaincu que des recherches de grande ampleur doivent être menées sur ce sujet

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans ce domaine ?

Lorsque j'étais jeune médecin généraliste, j'ai été appelé par les pompiers pour venir en aide à un jeune homme gravement blessé incarcéré dans sa voiture après un accident. Il fallait le transfuser très rapidement. Je me suis retrouvé à son contact, mais trop inexpérimenté je n'ai pas pu le sauver. Il est mort sous mes yeux, mais j'ai vu « l'étincelle de vie » qui partait dans ses yeux. Aussitôt j'ai ressenti sa présence, invisible mais vivante et joyeuse à mes côtés. En un instant ma vie a changé et j'ai décidé de retourner faire 3 années d'études supplémentaires pour me spécialiser dans l'anesthésie-réanimation.

Comment conceviez-vous les choses à l'époque ?

Sans doute comme tout ceux qui ont étudié la médecine. J'étais persuadé que mort n'était que la dégradation chimique du corps et le néant.

Etes-vous croyant, ou religieux ?

Non.

Comment étudiez-vous ce phénomène ?

J'ai rencontré des centaines de personnes qui m'ont raconté leur expérience. J'ai aussi enquêté auprès des soignants, des infirmiers, des médecins. Bien sûr, ils n'en parlent qu'en privé, tous ont peur que ça nuise à leur réputation, qu'on les prenne pour des fantaisistes. Mais pendant ce temps-là, il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive plusieurs nouveaux témoignages.

Les sensations, que certains nomment EMI, touchent-elles beaucoup de monde ?

Enormément. D'après l'étude du cardiologue néerlandais Pim van Lommel, publiée dans la revue médicale de référence The Lancet en 2001, sur 344 patients réanimés d'un coma secondaire à un arrêt cardio-circulatoire, 18% (62 patients) décrivaient une EMI. D'après une étude menée par Melvin Morse, un pédiatre américain de Seattle, 70% des enfants ayant frôlé la mort racontent une histoire analogue.

Ces expériences seraient donc liées à l'age ?

Pas exactement. Beaucoup de scientifiques pensent que la différence ne tient pas au ressenti, mais au fait que les adultes ont plus de mal à témoigner sur ce sujet. De peur du ridicule probablement. De la même manière, on rencontre plus de cas d'EMI en Occident qu'ailleurs. Mais ce n'est pas une raison culturelle, mais parce que dans les pays riches, on a plus souvent les outils médicaux pour sauver les gens qu'au coeur du Sahara.

La plupart des experts s'accordent à dire que les témoins qui racontent ces expériences ne mentent pas, et ont la sensation de vivre vraiment quelque chose. Mais ça ne prouve rien sur une hypothétique « survie de l'âme ».

Bien sûr que non. Néanmoins si on est rationnel il faut aller jusqu'au bout. Nous savons maintenant que 15 secondes après un arrêt cardiaque le cerveau cesse de fonctionner. Statistiquement, on compte deux minutes dans le meilleur des cas avant qu'il ne soit possible de porter les premiers secours. Donc, les gens qui témoignent de ce qu'ils prétendent avoir « vu » pendant l'arrêt de leur cerveau sont bien, techniquement, « cérébralement morts». Cela est indubitable. Comment expliquer alors que des témoins, dont le cerveau ne fonctionne pas, soient capables de raconter ce qu'ils ont vu, entendu, senti, y compris ailleurs que dans la salle où ils sont ? Et que ce soit vérifiable par les personnes présentes.

Vous avez des exemples ?

Des centaines. Généralement on cite le cas de Pamela Reynolds. Cette américaine étaient opérée d'un anévrisme au cerveau. Les chirurgiens ont utilisé un mode opératoire consistant à abaisser sa température corporelle à 15,5°C et à mettre en place une circulation sanguine extracorporelle. De ce fait, elle a été maintenue 45 minutes avec un électroencéphalogramme (EEG) plat. Sans aucune activité électrique détectable dans son cerveau donc.
Selon son récit, elle est « sortie de son corps » et a pu raconter en détail, après coup, toute l'opération à laquelle elle aurait assistée de l'extérieur : les anecdotes entre infirmières, les instruments chirurgicaux utilisés, puis un tunnel et de la lumière. Une enquête très sérieuse et précise a été menée par cardiologue américain Michaël Sabom qui établit que tout ce qu'à raconté par Pamela Reynolds est exact.
Je pense aussi à une personne aveugle de naissance qui a su décrire parfaitement, jusqu'au visage et à la couleur de peau, un soignant qui lui avait dérobé ses bijoux, alors qu'elle était elle aussi en état de mort cérébrale. Une étude menée sur les NDE d'aveugles de naissance par deux médecins américains, Kenneth Ring et Sharon Cooper, montre que ce cas n'est pas rare.
On pourrait citer mille autres exemples frappants qu'on retrouve de toute façon dans la littérature médicale.

Une NDE peut-elle réellement être à l'origine de changements dans la vie de quelqu'un?

Bien que cela dépende en grande partie du contenu et de la "profondeur" de leur expérience, la plupart des personnes rapportent un important bouleversement dans leur conception de la vie, ce qui entraine de nombreux changements souvent difficiles à expliquer et à vivre.
Le cas plus souvent rapporté est une disparition de la peur de la mort (mais non de la souffrance). Très fréquemment, ce sont les buts mêmes de la vie qui sont remis en question : le succès (sur les plans financiers et sociaux en particulier) perd tout intérêt, les valeurs d'amour, d'altruisme et de connaissance prenant la première place. Tout cela est difficile à comprendre pour la famille ou les amis, qui ne reconnaissent plus et parfois rejettent une personne qui "n'est plus la même". Mais, en général, c'est "l'experienceur" qui ne trouve plus d'affinités avec ses anciennes connaissances ou avec son entourage en général. Les divorces sont d'ailleurs relativement fréquents dans les suites d'une NDE.

Beaucoup de scientifiques, sceptiques sur ces questions, considèrent qu'il s'agit d'une réponse psychologique à la perception de la menace de mort par le cerveau. Avec la présence de doses massives d'endorphines et de sérotonine qui font vaciller la conscience... Certains affirment aussi que le cerveau "revit" la naissance, avec le tunnel, la sortie au jour et la maman accueillante au bout.

D'un point de vue scientifique, le déclenchement de l'Expérience de mort imminente est sans aucun doute relié à des phénomènes neurobiologiques dans le cerveau. Mais comme je l'ai dit tout à l'heure, au bout de 15 secondes il ne fonctionne plus du tout. Il faut donc trouver autre chose. Par ailleurs, le contenu extrêmement riche et complexe des EMI ne peut être réduit à une simple illusion ou à une hallucination produite par un cerveau en souffrance à l'instant de la mort. La réalité de l'expérience humaine n'est pas exclusivement déterminée par des mécanismes neurologiques, et la signification de cette expérience ne peut se réduire aux simples processus neurologiques qui accompagnent sa survenue dans le cerveau. 
De toute façon, l'idée ancrée chez tout le monde que le cerveau produit la conscience comme le foie produit la bile est sujette à caution.

Ce n'est pas le cas ?

L’esprit se limite-t-il seulement aux activités neuronales capables de traiter mécaniquement l’information ? La nature de la conscience n'est pas aussi claire qu'on voudrait nous le faire croire. Toutes les recherches en neuroscience et en science cognitive montrent qu'on ne sait finalement pas vraiment de quoi il retourne sur ce sujet.
La conscience envisagée comme la finalité de l’activité du cerveau est contestée par certains scientifiques, notamment par le neuropsychologue canadien Mario Beauregard, qui a travaillé dans un programme sur cette question sous l'égide de l'ONU, qui considère que le cerveau n'est qu'un récepteur. Un outil physiologique pour la conscience qui n'en n'est pas le produit.

Depuis quelques années, un nombre sans cesse grandissant de centres de recherches, de laboratoire et d'hôpitaux s'intéressent aux EMI. C'est une mode ?

En réalité, les avancées scientifiques et médicales nous permettent de sauver infiniment plus de personnes de la mort qu'autrefois. Autrefois, 99% de ceux qui faisaient un arrêt cardiaque mourraient. Ils ne revenaient pas pour raconter quoi que ce soit. De nos jours, des millions de personnes font l'expérience de la mort clinique, et sortent de l'hôpital sur leurs deux jambes. Il n'est pas étonnant alors qu'ils parlent, témoignent, s'intéressent à ce qui s'est passé et posent des questions à la science.

Vous pensez que c'est un nouveau champ de recherche qui s'ouvre ?

Oui. Pour deux raisons. La première c'est qu'on s'est rendu compte que les gens qui gardaient pour eux ces expériences et n'en parlaient pas, développaient plus de névroses que les autres. Et que les témoins, les experienceurs comme nous les appelons, jugent tous que leur EMI est l'expérience la plus importante de leur vie. Au point que tous en reviennent changés. Par ailleurs, les témoignages des experienceurs aident énormément les soignants dans les unités de soins palliatifs, comme le fait le psychothérapeute Eric Dudoit à la Timone, à Marseille. C'est utile aussi pour les patients suicidaires.
Ensuite, les recherches concernant la méditation médicale ont permis d'assister à des exemples d'OBE (Out of Body experience, expérience de sortie du corps). L'arrivée de l'hypnose en remplacement de l'anesthésie pour les opérations du cerveau est d'ailleurs un des épiphénomène de la révolution de la science sur toute ces questions.

La communauté scientifique reste néanmoins réticente à aborder ces sujets.

La science s'occupe de faits et de phénomènes objectifs qui peuvent être enregistrés, testés, mesurés et autant que possible reproduits. 
Une NDE est une expérience subjective, nous n'en avons connaissance que par le témoignage de la personne qui dit l'avoir vécue. Pour cette raison, certaines personnes pensent qu'elles ne sont pas réelles, puisque ne représentant pas une preuve physique, et ne peuvent donc faire l'objet d'une étude au sens scientifique du mot. 

Inversement, d'autres scientifiques jugent les NDE aussi  scientifiquement valides que n'importe quelle autre expérience personnelle intense. Mais si aucun témoignage ne représente à lui seul une preuve, leur accumulation et la cohérence qui se dégage de leur étude, dans la mesure ou la plupart de leurs caractéristiques communes semblent indépendantes de quelque facteur personnel que ce soit, oblige à envisager que quelque chose se passe.

Les NDE sont-elles une preuve d'une vie après la mort?

Cette interprétation est certainement la plus médiatisée et la plus populaire. Mais les personnes ayant rapporté de telles expériences étant par définition bien vivantes, rien ne permet de dire que les NDE représentent une preuve de survie de l'âme après la mort, d'autant qu'il n'existe pas de consensus clair sur ce que pourraient signifier ces termes. 
Tout au plus pourrait-on dire prudemment que ces expériences suggèrent que la conscience peut  parfois persister, indépendamment de l'état fonctionnel du cerveau. Mais personne ne peut démontrer que cela est vrai après la mort.

LES POINTS DE VUE D'AUTRES SCIENTIFIQUES

 

Les NDE vues par le professeur en psychiatrie Bruce Greyson, qui étudie le phénomène depuis 30 ans

« D'emblée il pourrait s'agir d'hallucinations. Pourtant, ce qui est curieux, c'est que les hallucinations sont de natures très variées, souvent liée à la religion, à la culture, au milieu social et au sexe, tandis que les témoignages de NDE se déroulent toutes sur un même modèle, qui est partagé sur la planète entière. »

« Par ailleurs, nous avons fait faire des tests cliniques à tous les témoins et aucun ne présentait de signes d'une maladie mentale. »

« Les personnes qui ont traversé une période de délire et d'hallucination en conservent en général des dommages. Elles s'isolent, développent des penchants paranoïaques, elles s'éloignent des autres. Tandis que les personnes qui racontent une NDE changent profondément en bien. Elles développent leur ouverture d'esprit, elles deviennent plus empathiques avec autrui. »

« En tant que psychiatres, nous mettons en oeuvre énormément d'énergie pour que les patients changent des choses minimes dans leur vie. Sans y arriver toujours. Chez les personnes qui ont vécu une NDE, le changement est profond, radical et positif. Comment quelques secondes d'un rêve pourraient-elles bouleverser une vie entière ?»

Les NDE vue par le cardiologue Pim Van Lomel

« L'idée qui consiste à dire que la conscience est produite par le cerveau doit être reconsidérée. Cela n'a jamais été prouvé. Ce n'est qu'une hypothèse. Et selon cette hypothèse les expériences de mort imminente durant un arrêt cardiaque avec arrêt du fonctionnement cérébral est purement impossible. »

Le point de vue de l'antropologue Allan Kelehar, chercheur à l'université de Bath (Grande-Bretagne)

« Les témoignages de NDE sont présents dans le monde entier. Dans toutes les cultures et de tous les temps. Bien sûr les mots changent : les témoignages de peuples de chasseurs-cueilleurs ne parlent pas de tunnel (qu'ils ignorent), mais vont évoquer une traversée de l'ombre, ou bien un bateau dans la nuit noire. Mais tous les témoignages et toutes les traditions parlent de basculement d'une réalité à l'autre, d'une traversée sombre, d'une rencontre avec des défunts, d'une vie qui défile et d'un jugement, d'une rencontre avec une grande lumière. D'amour. Avec des mots différents. »

« Par ailleurs, tout ceux qui parlent de cette expérience soulignent leur difficulté à l'exprimer avec des mots. Tant cette expérience leur paraît ineffable. Et tous reviennent changés, avec de nouvelles valeurs et un accent porté sur l'amour, le désintérêt des choses matérielles. »

« Je pense que ce type d'expérience n'est pas de nature mystique. Que ça se produit depuis des millions d'année. Que ça a beau être une aventure extraordinaire, ça appartient malgré tout à la gamme des expériences humaines. »

Pour les neuroscientifiques

Le professeur Olaf Blanke, neurologue de l'EPFL de Lausanne (Suisse) a réussi à reproduire la sensation de « sortie du corps » chez des patients en stimulant électriquement une partie du cerveau.

Ce phénomène est généralement interprété comme un processus psychopathologique, car certaines pathologies mentales font état de sensations similaires. En particulier, l’OBE est souvent associée à deux autres formes de phénomènes autoscopiques : les hallucinations autoscopiques et l’autoscopie, rapportées par des patients psychiatriques souffrant de schizophrénie, de dépression ou de désordres de la personnalité. Néanmoins les hallucinations autoscopiques (le sujet reste dans les limites de son corps mais voit son corps dans l’espace extrapersonnel depuis sa perspective visuo-spatiale habituelle) et toujours décorporation dans les OBE, les sujets souffrant d’heautoscopie n’expriment généralement pas clairement une sensation de décorporation, mais ne sont pas capable de localiser facilement leur moi.
D’autre part, la vision de leur propre corps est souvent tronquée (uniquement vision de la tête ou du buste) et celui-ci est perçu comme actif (comme un double dans un miroir).

Colloques à Montpellier et Marseille

Un colloque a d'ailleurs lieu sur ce sujet à Montpellier (Espace Pitot) les 24 et 25 novembre prochain. Les 2e rencontres internationales ont lieu les 9 et 10 mars prochain à Marseille (parc Chanot). Longtemps considéré comme fantaisiste, le sujet devient un sujet d'étude scientifique à part entière.

>>> lien vers l'article des témoignages

exMidilibre

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:05

Un cas vécu qui pousse à réfléchir !

Harcèlement sexuel: "Mon chef me suggérait de porter des strings"

Pour Anabella, le harcèlement moral de son patron a pris le relai du harcèlement sexuel.

Flick'r/Twicepix

Anabella a subi le harcèlement de son supérieur pendant deux ans.

Son sourire masque une souffrance mal dissimulée: de 2002 à 2004, le supérieur hiérarchique d'Anabella l'a harcelé tous les jours. Sexuellement d'abord, puis moralement. Récit d'un calvaire et d'un long feuilleton judiciaire.

"Tout a commencé quelques jours après mon embauche. Mon supérieur, associé du directeur général, me complimentait régulièrement sur mon physique. J'étais surprise et gênée. En rigolant, il se permettait aussi de commenter ma tenue: "Tu es bien trop couverte" disait-il, "une femme comme toi devrait montrer ses bretelles, porter des strings". J'ai tremblé intérieurement et quitté son bureau. Mon chef me draguait ouvertement, c'était impensable et dégradant. Mais comme je ne répondais pas à ses avances, il s'est montré plus entreprenant. Un jour, il m'a demandé par téléphone de lui apporter un café. Ca m'a étonné mais j'y suis allée. Arrivée dans la salle de réunion, il était là, avec un grand sourire et deux gobelets dans les mains. Je n'oublierai jamais. D'un air enjoué, il m'a lancé: "Tu n'as toujours pas compris? Regarde l'effet que tu fais à bibi". Derrière la toile de son pantalon, son sexe était en érection. J'ai été choquée, horrifiée. Je suis sortie sans un mot, en me traînant jusqu'à la porte, dans un état de choc. Une demi-heure après, il me confiait des tâches urgentes à régler en à peine une heure au lieu d'une semaine. J'ai compris que ma réaction lui avait déplu et que j'allais le payer.

Harcèlement sexuel: la loi annulée, et maintenant?

Et c'est là que le harcèlement moral a pris le relai: surcharge de travail, mise au placard, isolement et menace. Quand mon chef me croisait dans le couloir, il me répétait "Démissionne, démissionne!" ou bien "Si tu parles, je t'envoie dans un asile ou dans la tombe. J'ai créé cette entreprise, je fais ce que je veux. Les syndicats sont mes amis". J'avais peur, je gardais donc le silence. Ma famille et mon fiancé étaient les seuls au courant. Au bout de 2 ans, ce calvaire m'a rendu dépressive, spasmophile et à cause de mes angoisses, j'ai perdu mon bébé. Alors, j'ai mélangé alcools et médicaments, puis j'ai pris la voiture pour me tuer sur la route. Mais à cet instant, la radio diffusait, miraculeusement, une émission sur le harcèlement pour partager des solutions et des coordonnées.

Ca m'a réveillé: en mai 2004, j'ai dénoncé les faits auprès de ma direction avec le soutien d'un avocat. Celle-ci m'a licencié cinq mois après. Cette fois, j'ai riposté en déposant plainte pour "harcèlement sexuel, harcèlement moral et contestation de licenciement abusif" en utilisant le code du travail. Après douze reports, j'ai gagné mon procès le 31 aout 2010. Mon supérieur et l'entreprise ont été condamnés à m'indemniser mais ils ont fait appel. Le délibéré sera rendu le 21 mai prochain. En attendant, je continue à militer localement contre ce fléau et je reste confiante car j'ai des preuves. Surtout, je remercie le ciel de ne pas avoir porté plainte au pénal. Sinon, je serais comme ces milliers de victimes privées de solution.

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 16:00

      >>> cliquez sur ce lien pour lire l'article de départ

Le Dr Jean-Jacques Charbonier, anesthésite-réanimateur à Toulouse, travaille sur la question depuis 23 ans. Il a écrit bon nombre de livres et d'articles scientifiques sur la question.
Le Dr Jean-Jacques Charbonier, anesthésite-réanimateur à Toulouse, travaille sur la question depuis 23 ans. Il a écrit bon nombre de livres et d'articles scientifiques sur la question. (D.R.)

18% des personnes qui frôlent la mort racontent avoir vécu une expérience connue sous le nom de NDE (acronyme pour Near death experience, pour Expérience de mort imminente (EMI). D'après les statistiques, ils seraient 20 millions en Europe.

Les témoignages foisonnent (lire notre article d'avant-hier) et, quels que soient leur pays, leur âge, leur sexe, leur situation sociale, leur culture ou leur religion, leurs récits présentent d’étranges similitudes et se déclinent presque toujours à l’identique. Une énigme qui divise la communauté scientifique.

Le docteur Jean-Jacques Charbonier est médecin anesthésiste-réanimateur et médecin référent à Toulouse. Conférencier, auteur de plusieurs ouvrages sur ces questions qu’il étudie depuis plus de 23 ans il est convaincu que des recherches de grande ampleur doivent être menées sur ce sujet

Pourquoi vous êtes-vous spécialisé dans ce domaine ?

Lorsque j'étais jeune médecin généraliste, j'ai été appelé par les pompiers pour venir en aide à un jeune homme gravement blessé incarcéré dans sa voiture après un accident. Il fallait le transfuser très rapidement. Je me suis retrouvé à son contact, mais trop inexpérimenté je n'ai pas pu le sauver. Il est mort sous mes yeux, mais j'ai vu « l'étincelle de vie » qui partait dans ses yeux. Aussitôt j'ai ressenti sa présence, invisible mais vivante et joyeuse à mes côtés. En un instant ma vie a changé et j'ai décidé de retourner faire 3 années d'études supplémentaires pour me spécialiser dans l'anesthésie-réanimation.

Comment conceviez-vous les choses à l'époque ?

Sans doute comme tout ceux qui ont étudié la médecine. J'étais persuadé que mort n'était que la dégradation chimique du corps et le néant.

Etes-vous croyant, ou religieux ?

Non.

Comment étudiez-vous ce phénomène ?

J'ai rencontré des centaines de personnes qui m'ont raconté leur expérience. J'ai aussi enquêté auprès des soignants, des infirmiers, des médecins. Bien sûr, ils n'en parlent qu'en privé, tous ont peur que ça nuise à leur réputation, qu'on les prenne pour des fantaisistes. Mais pendant ce temps-là, il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive plusieurs nouveaux témoignages.

Les sensations, que certains nomment EMI, touchent-elles beaucoup de monde ?

Enormément. D'après l'étude du cardiologue néerlandais Pim van Lommel, publiée dans la revue médicale de référence The Lancet en 2001, sur 344 patients réanimés d'un coma secondaire à un arrêt cardio-circulatoire, 18% (62 patients) décrivaient une EMI. D'après une étude menée par Melvin Morse, un pédiatre américain de Seattle, 70% des enfants ayant frôlé la mort racontent une histoire analogue.

Ces expériences seraient donc liées à l'age ?

Pas exactement. Beaucoup de scientifiques pensent que la différence ne tient pas au ressenti, mais au fait que les adultes ont plus de mal à témoigner sur ce sujet. De peur du ridicule probablement. De la même manière, on rencontre plus de cas d'EMI en Occident qu'ailleurs. Mais ce n'est pas une raison culturelle, mais parce que dans les pays riches, on a plus souvent les outils médicaux pour sauver les gens qu'au coeur du Sahara.

La plupart des experts s'accordent à dire que les témoins qui racontent ces expériences ne mentent pas, et ont la sensation de vivre vraiment quelque chose. Mais ça ne prouve rien sur une hypothétique « survie de l'âme ».

Bien sûr que non. Néanmoins si on est rationnel il faut aller jusqu'au bout. Nous savons maintenant que 15 secondes après un arrêt cardiaque le cerveau cesse de fonctionner. Statistiquement, on compte deux minutes dans le meilleur des cas avant qu'il ne soit possible de porter les premiers secours. Donc, les gens qui témoignent de ce qu'ils prétendent avoir « vu » pendant l'arrêt de leur cerveau sont bien, techniquement, « cérébralement morts». Cela est indubitable. Comment expliquer alors que des témoins, dont le cerveau ne fonctionne pas, soient capables de raconter ce qu'ils ont vu, entendu, senti, y compris ailleurs que dans la salle où ils sont ? Et que ce soit vérifiable par les personnes présentes.

Vous avez des exemples ?

Des centaines. Généralement on cite le cas de Pamela Reynolds. Cette américaine étaient opérée d'un anévrisme au cerveau. Les chirurgiens ont utilisé un mode opératoire consistant à abaisser sa température corporelle à 15,5°C et à mettre en place une circulation sanguine extracorporelle. De ce fait, elle a été maintenue 45 minutes avec un électroencéphalogramme (EEG) plat. Sans aucune activité électrique détectable dans son cerveau donc.
Selon son récit, elle est « sortie de son corps » et a pu raconter en détail, après coup, toute l'opération à laquelle elle aurait assistée de l'extérieur : les anecdotes entre infirmières, les instruments chirurgicaux utilisés, puis un tunnel et de la lumière. Une enquête très sérieuse et précise a été menée par cardiologue américain Michaël Sabom qui établit que tout ce qu'à raconté par Pamela Reynolds est exact.
Je pense aussi à une personne aveugle de naissance qui a su décrire parfaitement, jusqu'au visage et à la couleur de peau, un soignant qui lui avait dérobé ses bijoux, alors qu'elle était elle aussi en état de mort cérébrale. Une étude menée sur les NDE d'aveugles de naissance par deux médecins américains, Kenneth Ring et Sharon Cooper, montre que ce cas n'est pas rare.
On pourrait citer mille autres exemples frappants qu'on retrouve de toute façon dans la littérature médicale.

Une NDE peut-elle réellement être à l'origine de changements dans la vie de quelqu'un?

Bien que cela dépende en grande partie du contenu et de la "profondeur" de leur expérience, la plupart des personnes rapportent un important bouleversement dans leur conception de la vie, ce qui entraine de nombreux changements souvent difficiles à expliquer et à vivre.
Le cas plus souvent rapporté est une disparition de la peur de la mort (mais non de la souffrance). Très fréquemment, ce sont les buts mêmes de la vie qui sont remis en question : le succès (sur les plans financiers et sociaux en particulier) perd tout intérêt, les valeurs d'amour, d'altruisme et de connaissance prenant la première place. Tout cela est difficile à comprendre pour la famille ou les amis, qui ne reconnaissent plus et parfois rejettent une personne qui "n'est plus la même". Mais, en général, c'est "l'experienceur" qui ne trouve plus d'affinités avec ses anciennes connaissances ou avec son entourage en général. Les divorces sont d'ailleurs relativement fréquents dans les suites d'une NDE.

Beaucoup de scientifiques, sceptiques sur ces questions, considèrent qu'il s'agit d'une réponse psychologique à la perception de la menace de mort par le cerveau. Avec la présence de doses massives d'endorphines et de sérotonine qui font vaciller la conscience... Certains affirment aussi que le cerveau "revit" la naissance, avec le tunnel, la sortie au jour et la maman accueillante au bout.

D'un point de vue scientifique, le déclenchement de l'Expérience de mort imminente est sans aucun doute relié à des phénomènes neurobiologiques dans le cerveau. Mais comme je l'ai dit tout à l'heure, au bout de 15 secondes il ne fonctionne plus du tout. Il faut donc trouver autre chose. Par ailleurs, le contenu extrêmement riche et complexe des EMI ne peut être réduit à une simple illusion ou à une hallucination produite par un cerveau en souffrance à l'instant de la mort. La réalité de l'expérience humaine n'est pas exclusivement déterminée par des mécanismes neurologiques, et la signification de cette expérience ne peut se réduire aux simples processus neurologiques qui accompagnent sa survenue dans le cerveau. 
De toute façon, l'idée ancrée chez tout le monde que le cerveau produit la conscience comme le foie produit la bile est sujette à caution.

Ce n'est pas le cas ?

L’esprit se limite-t-il seulement aux activités neuronales capables de traiter mécaniquement l’information ? La nature de la conscience n'est pas aussi claire qu'on voudrait nous le faire croire. Toutes les recherches en neuroscience et en science cognitive montrent qu'on ne sait finalement pas vraiment de quoi il retourne sur ce sujet.
La conscience envisagée comme la finalité de l’activité du cerveau est contestée par certains scientifiques, notamment par le neuropsychologue canadien Mario Beauregard, qui a travaillé dans un programme sur cette question sous l'égide de l'ONU, qui considère que le cerveau n'est qu'un récepteur. Un outil physiologique pour la conscience qui n'en n'est pas le produit.

Depuis quelques années, un nombre sans cesse grandissant de centres de recherches, de laboratoire et d'hôpitaux s'intéressent aux EMI. C'est une mode ?

En réalité, les avancées scientifiques et médicales nous permettent de sauver infiniment plus de personnes de la mort qu'autrefois. Autrefois, 99% de ceux qui faisaient un arrêt cardiaque mourraient. Ils ne revenaient pas pour raconter quoi que ce soit. De nos jours, des millions de personnes font l'expérience de la mort clinique, et sortent de l'hôpital sur leurs deux jambes. Il n'est pas étonnant alors qu'ils parlent, témoignent, s'intéressent à ce qui s'est passé et posent des questions à la science.

Vous pensez que c'est un nouveau champ de recherche qui s'ouvre ?

Oui. Pour deux raisons. La première c'est qu'on s'est rendu compte que les gens qui gardaient pour eux ces expériences et n'en parlaient pas, développaient plus de névroses que les autres. Et que les témoins, les experienceurs comme nous les appelons, jugent tous que leur EMI est l'expérience la plus importante de leur vie. Au point que tous en reviennent changés. Par ailleurs, les témoignages des experienceurs aident énormément les soignants dans les unités de soins palliatifs, comme le fait le psychothérapeute Eric Dudoit à la Timone, à Marseille. C'est utile aussi pour les patients suicidaires.
Ensuite, les recherches concernant la méditation médicale ont permis d'assister à des exemples d'OBE (Out of Body experience, expérience de sortie du corps). L'arrivée de l'hypnose en remplacement de l'anesthésie pour les opérations du cerveau est d'ailleurs un des épiphénomène de la révolution de la science sur toute ces questions.

La communauté scientifique reste néanmoins réticente à aborder ces sujets.

La science s'occupe de faits et de phénomènes objectifs qui peuvent être enregistrés, testés, mesurés et autant que possible reproduits. 
Une NDE est une expérience subjective, nous n'en avons connaissance que par le témoignage de la personne qui dit l'avoir vécue. Pour cette raison, certaines personnes pensent qu'elles ne sont pas réelles, puisque ne représentant pas une preuve physique, et ne peuvent donc faire l'objet d'une étude au sens scientifique du mot. 

Inversement, d'autres scientifiques jugent les NDE aussi  scientifiquement valides que n'importe quelle autre expérience personnelle intense. Mais si aucun témoignage ne représente à lui seul une preuve, leur accumulation et la cohérence qui se dégage de leur étude, dans la mesure ou la plupart de leurs caractéristiques communes semblent indépendantes de quelque facteur personnel que ce soit, oblige à envisager que quelque chose se passe.

Les NDE sont-elles une preuve d'une vie après la mort?

Cette interprétation est certainement la plus médiatisée et la plus populaire. Mais les personnes ayant rapporté de telles expériences étant par définition bien vivantes, rien ne permet de dire que les NDE représentent une preuve de survie de l'âme après la mort, d'autant qu'il n'existe pas de consensus clair sur ce que pourraient signifier ces termes. 
Tout au plus pourrait-on dire prudemment que ces expériences suggèrent que la conscience peut  parfois persister, indépendamment de l'état fonctionnel du cerveau. Mais personne ne peut démontrer que cela est vrai après la mort.

LES POINTS DE VUE D'AUTRES SCIENTIFIQUES

 

Les NDE vues par le professeur en psychiatrie Bruce Greyson, qui étudie le phénomène depuis 30 ans

« D'emblée il pourrait s'agir d'hallucinations. Pourtant, ce qui est curieux, c'est que les hallucinations sont de natures très variées, souvent liée à la religion, à la culture, au milieu social et au sexe, tandis que les témoignages de NDE se déroulent toutes sur un même modèle, qui est partagé sur la planète entière. »

« Par ailleurs, nous avons fait faire des tests cliniques à tous les témoins et aucun ne présentait de signes d'une maladie mentale. »

« Les personnes qui ont traversé une période de délire et d'hallucination en conservent en général des dommages. Elles s'isolent, développent des penchants paranoïaques, elles s'éloignent des autres. Tandis que les personnes qui racontent une NDE changent profondément en bien. Elles développent leur ouverture d'esprit, elles deviennent plus empathiques avec autrui. »

« En tant que psychiatres, nous mettons en oeuvre énormément d'énergie pour que les patients changent des choses minimes dans leur vie. Sans y arriver toujours. Chez les personnes qui ont vécu une NDE, le changement est profond, radical et positif. Comment quelques secondes d'un rêve pourraient-elles bouleverser une vie entière ?»

Les NDE vue par le cardiologue Pim Van Lomel

« L'idée qui consiste à dire que la conscience est produite par le cerveau doit être reconsidérée. Cela n'a jamais été prouvé. Ce n'est qu'une hypothèse. Et selon cette hypothèse les expériences de mort imminente durant un arrêt cardiaque avec arrêt du fonctionnement cérébral est purement impossible. »

Le point de vue de l'antropologue Allan Kelehar, chercheur à l'université de Bath (Grande-Bretagne)

« Les témoignages de NDE sont présents dans le monde entier. Dans toutes les cultures et de tous les temps. Bien sûr les mots changent : les témoignages de peuples de chasseurs-cueilleurs ne parlent pas de tunnel (qu'ils ignorent), mais vont évoquer une traversée de l'ombre, ou bien un bateau dans la nuit noire. Mais tous les témoignages et toutes les traditions parlent de basculement d'une réalité à l'autre, d'une traversée sombre, d'une rencontre avec des défunts, d'une vie qui défile et d'un jugement, d'une rencontre avec une grande lumière. D'amour. Avec des mots différents. »

« Par ailleurs, tout ceux qui parlent de cette expérience soulignent leur difficulté à l'exprimer avec des mots. Tant cette expérience leur paraît ineffable. Et tous reviennent changés, avec de nouvelles valeurs et un accent porté sur l'amour, le désintérêt des choses matérielles. »

« Je pense que ce type d'expérience n'est pas de nature mystique. Que ça se produit depuis des millions d'année. Que ça a beau être une aventure extraordinaire, ça appartient malgré tout à la gamme des expériences humaines. »

Pour les neuroscientifiques

Le professeur Olaf Blanke, neurologue de l'EPFL de Lausanne (Suisse) a réussi à reproduire la sensation de « sortie du corps » chez des patients en stimulant électriquement une partie du cerveau.

Ce phénomène est généralement interprété comme un processus psychopathologique, car certaines pathologies mentales font état de sensations similaires. En particulier, l’OBE est souvent associée à deux autres formes de phénomènes autoscopiques : les hallucinations autoscopiques et l’autoscopie, rapportées par des patients psychiatriques souffrant de schizophrénie, de dépression ou de désordres de la personnalité. Néanmoins les hallucinations autoscopiques (le sujet reste dans les limites de son corps mais voit son corps dans l’espace extrapersonnel depuis sa perspective visuo-spatiale habituelle) et toujours décorporation dans les OBE, les sujets souffrant d’heautoscopie n’expriment généralement pas clairement une sensation de décorporation, mais ne sont pas capable de localiser facilement leur moi.
D’autre part, la vision de leur propre corps est souvent tronquée (uniquement vision de la tête ou du buste) et celui-ci est perçu comme actif (comme un double dans un miroir).

Colloques à Montpellier et Marseille

Un colloque a d'ailleurs lieu sur ce sujet à Montpellier (Espace Pitot) les 24 et 25 novembre prochain. Les 2e rencontres internationales ont lieu les 9 et 10 mars prochain à Marseille (parc Chanot). Longtemps considéré comme fantaisiste, le sujet devient un sujet d'étude scientifique à part entière.

>>> lien vers l'article des témoignages

exMidilibre

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 06:36

      Ceci ne se discute pas et la chasse aux abus doit être constante.

 

   

L'"hypersexualisation" des enfants est un phénomène encore peu répandu en France mais qui inquiète légitimement les parents et qu'il convient d'endiguer, souligne lundi un rapport proposant une série de recommandations, dénoncées comme un "leurre" par certains experts.

A l'origine de ce rapport: une mission confiée à la sénatrice UMP Chantal Jouanno par le ministère des Solidarités, après la parution en décembre 2010, dans le magazine Vogue français, de photos mettant en scène une fillette dans des tenues et postures suggestives. "Même si ces photos avaient surtout fait scandale aux Etats-Unis, elles ont aussi suscité la polémique en France", rappelle à l'AFP Chantal Jouanno. 

L'"hypersexualisation" des enfants, et notamment des petites filles, renvoie "à la sexualisation de leurs expressions, postures ou codes vestimentaires, jugées trop précoces", définit le rapport. Or l'ancienne ministre des Sports fait le constat que "la vague de l'hypersexualisation n'a pas encore massivement touché nos enfants". 

Un consensus fragile
"Il y a un consensus en France pour condamner le phénomène", poursuit-elle, tout en assurant qu'il est "fragile" et "susceptible de craquer". En effet, relève Mme Jouanno, "la société dans son ensemble est hypersexualisée, dès le plus jeune âge on voit apparaître des stéréotypes très clivés garçons/filles, et il y a une puissance du marketing colossal pour rompre la barrière des âges et inciter à adopter des comportements d'adolescents". Il convient donc, souligne le rapport, d'endiguer le phénomène "en amont". 

Le texte suggère pour cela une série de recommandations, comme la mise en place d'une "charte de l'enfant" ou l'interdiction des concours de "mini-miss" et recommande aussi de s'inspirer d'un dispositif mis en place au Royaume-Uni consistant à élaborer une charte signée entre les pouvoirs publics et les acteurs économiques. En Grande-Bretagne, le document demande par exemple aux grandes marques de prêt-à-porter de renoncer aux soutien-gorges ampliformes pour les petites filles. Chaque citoyen peut en outre signaler sur un site internet les produits qu'ils jugent inappropriés. 

Sexualiser pour vendre plus
Mais pour certains connaisseurs de la question, le débat est mal posé. "En parlant d'hypersexualisation, on diabolise des comportements de jeunes filles, qui n'ont pas du tout la dimension torride que laisse penser le terme", estime ainsi Michel Fize, sociologue au CNRS et auteur de "Les nouvelles adolescentes" (Armand Colin). Il lui oppose celui d'hyperféminisation, qui correspond à une revendication des filles de leur identité sexuée". Il admet en revanche une tentative mercantile, de la société, de "tout sexualiser pour vendre plus". "On a raison d'essayer d'y répondre mais il ne faut pas tout mélanger", juge-t-il. 

De son côté, la psychanalyste Claude Halmos, spécialiste de l'enfance, reconnaît les dangers potentiels du phénomène: "L'hypersexualisation des petites filles, c'est-à-dire le fait de les laisser se déguiser en femmes adultes, est très préjudiciable pour leur construction. Si elles sont déjà grandes, quels besoins ont-elles de grandir ?", lance-t-elle. "Ce qui est complètement paradoxal, c'est que le gouvernement veut faire des préconisations pour que les petites filles ne s'habillent plus comme des grandes, mais en même temps, il supprime le défenseur des enfants et veut rapprocher la justice des mineurs et celle des majeurs", ajoute-t-elle. "Il fait mine là de se saisir d'un sujet qui angoisse à juste titre les parents, mais c'est un leurre", juge ainsi la psychanalyste. 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 06:38

      Elle a vécu l'enfer de Khdhafi et elle est marquée pour toujours par l'horeur !

 

Même en parler la torture encore !

Une jeune Libyenne, rencontrée à Tripoli, a raconté au "Monde" comment elle a été enlevée à 15 ans et cloîtrée pendant cinq ans. Violée, frappée, elle a fini par s'enfuir. Voici son récit.

Une jeune Libyenne, rencontrée à Tripoli, a raconté au "Monde" comment elle a été enlevée à 15 ans et cloîtrée pendant cinq ans. Violée, frappée, elle a fini par s'enfuir. Voici son récit.Kate Brooks pour "Le Monde"

 

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Elle a 22 ans, elle est belle comme le jour et elle est fracassée. Il lui arrive de rire, oh, à peine quelques secondes, et une étincelle d'enfance éclaire alors un visage griffé par la vie. "Vous me donnez quel âge ?", dit-elle en retirant ses lunettes de soleil. Elle attend, esquisse un pâle sourire, et murmure : "Moi, j'ai l'impression d'avoir 40 ans." Et cela lui paraît si vieux.


Elle détourne le regard, saisit un bout de voile noir pour couvrir nerveusement le bas de son visage, des larmes apparaissent dans ses yeux sombres. "Mouammar Kadhafi a saccagé ma vie." Elle veut tout raconter. Elle pense que c'est dangereux, mais elle accepte de témoigner, lors d'une rencontre qui durera plusieurs heures dans un hôtel de Tripoli. Elle sait qu'elle est confuse, qu'il lui manquera des mots pour décrire l'univers de perversion et de folie dans lequel elle fut précipitée.

Mais il lui faut parler. Des souvenirs trop lourds encombrent sa mémoire. Des"souillures", dit-elle, qui lui donnent des cauchemars. "J'aurai beau raconter, personne, jamais, ne saura d'où je viens ni ce que j'ai vécu. Personne ne pourraimaginer. Personne." Elle secoue la tête d'un air désespéré. "Quand j'ai vu le cadavre de Kadhafi exposé à la foule, j'ai eu un bref plaisir. Puis dans la bouche, j'ai senti un sale goût." Elle aurait voulu qu'il vive. Qu'il soit capturé et jugé par un tribunal international. Tous ces derniers mois, elle n'a pensé qu'à cela. "Je me préparais à l'affronter et à lui demander, les yeux dans les yeux : Pourquoi ? Pourquoi tu m'as fait ça ? Pourquoi tu m'as violée ? Pourquoi tu m'as battue, droguée, insultée ? Pourquoi tu m'as appris à boire, à fumer ? Pourquoi tu m'as volé ma vie ?"

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Elle a 9 ans lorsque sa famille, originaire de l'est du pays, déménage à Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi. Elle en a 15, en 2004, lorsqu'elle est choisie, parmi les filles de son lycée, pour offrir un bouquet au "Guide" en visite dans l'école où il a des cousins. "C'était un grand honneur. Je l'appelais "papa Mouammar" et j'en avais la chair de poule." Le colonel a posé sa main sur son épaule et caressé ses cheveux, lentement. Un signe à l'adresse de ses gardes du corps, signifiant :"Celle-là, je la veux." Elle l'a appris plus tard.

Le lendemain, trois femmes en uniforme, vouées au service du dictateur - Salma, Mabrouka et Feiza - se présentent au salon de coiffure que tient sa mère."Mouammar veut te voir. Il souhaite te donner des cadeaux." L'adolescente - appelons-la Safia - les suit de bon gré. "Comment se douter de quelque chose ? C'était le héros, le prince de Syrte."

On la conduit dans le désert, où la caravane du colonel, 62 ans, est installée pour un séjour de chasse. Il la reçoit rapidement, hiératique, les yeux perçants. Il lui pose des questions sur sa famille, les origines de son père, de sa mère, leurs moyens financiers. Puis il lui demande froidement de rester vivre avec lui. La jeune fille est interloquée. "Tu auras tout ce que tu veux, des maisons, des voitures..." Elle panique, secoue la tête, dit tenir à sa famille, vouloir faire des études. "Je m'occuperai de tout, répond-il. Tu seras en sécurité ; je t'assure, ton père comprendra." Et il appelle Mabrouka pour qu'elle prenne en main l'adolescente.

Dans les heures qui suivent, Safia, effarée, est équipée de sous-vêtements et de"tenues sexy". On lui apprend à danser, à se dévêtir au son de la musique, et"d'autres devoirs". Elle sanglote, demande à rentrer chez ses parents. Mabrouka sourit. Le retour à une vie normale ne fait plus partie des options.

Les trois premiers soirs, Safia dansera seule devant Kadhafi. Il écoute la cassette d'un musicien "qu'il fera tuer plus tard". Il la regarde, ne la touche pas. Il lance simplement : "Tu seras ma pute." La caravane rentre à Syrte, Safia dans les bagages.

Et le soir de son retour, au palais, il la viole. Elle se débat. Il la tabasse, lui tire les cheveux. Elle tente de fuir. Mabrouka et Salma interviennent et la frappent. "Il a continué les jours suivants. Je suis devenue son esclave sexuelle. Il m'a violée pendant cinq ans."

Elle se retrouve vite à Tripoli, dans l'antre de Bab Al-Azizia, le domaine ultra-protégé par trois murs d'enceinte où vivent, dans divers bâtiments, le maître de la Libye, sa famille, des collaborateurs, des troupes d'élite. Au début, Safia partage une petite chambre dans la résidence du maître avec une autre fille de Benghazi, kidnappée elle aussi mais qui, un jour, parviendra à fuir. Au même niveau, dans des pièces minuscules, se tiennent en permanence une vingtaine de filles, la plupart ayant entre 18 et 19 ans, en général recrutées par les trois mêmes émissaires. Ces trois femmes brutales, omniprésentes, régentent cette sorte de harem, où les jeunes filles, grimées en gardes du corps, sont à la disposition personnelle du colonel. La plupart ne restent que quelques mois, avant de disparaître, une fois le maître lassé. Elles n'ont entre elles qu'un minimum de contacts, toute conversation personnelle étant interdite.

Safia se sait la plus jeune et passe son temps dans sa chambre à regarder la télévision. On lui refuse cahier et crayon. Alors elle passe des heures, assise devant son miroir, à se parler tout haut et à pleurer. Elle doit toujours être prête au cas où le colonel l'appelle, jour et nuit. Ses appartements à lui sont à l'étage supérieur. Au début, il la sonne constamment. Puis il la délaisse pour d'autres, choisies parmi les amazones, parfois consentantes - certaines disent "s'offrir au Guide" -, mais le plus souvent contraintes. Il continue de la réclamer au moins deux ou trois fois par semaine. Toujours violent, sadique. Elle a des bleus, des morsures et le sein déchiré. Elle a des hémorragies. Gala, une infirmière ukrainienne, est sa"seule amie". Elle pratique chaque semaine des prises de sang sur les jeunes femmes.

Des fêtes sont régulièrement organisées avec des mannequins italiens, belges, africains, ou des stars de films égyptiens qu'apprécient les fils du colonel et d'autres dignitaires. Dîners, danses, musique, "partouzes". Kadhafi s'y montre généreux. Safia se rappelle avoir vu des valises - elle dit "des Samsonite" - d'euros et de dollars. "Il donnait aux étrangères, jamais aux Libyennes." Safia ne veut pasparticiper à ces fêtes, "j'avais trop peur qu'il me demande de faire un strip-tease".Deux chefs d'Etat africains profitent aussi volontiers des filles "gardes du corps"."Pour Mouammar, ce n'était que de simples objets sexuels qu'il pouvait passer aux autres, après les avoir lui-même essayés." Le colonel, dit-elle, avait aussi de nombreux partenaires sexuels masculins.

Sa femme et le reste de la famille qui habitent d'autres bâtiments de Bab Al-Azizia sont au courant des moeurs du dictateur. "Mais ses filles ne voulaient pas le voiren compagnie d'autres femmes. Il allait donc les rencontrer le vendredi dans son autre résidence près de l'aéroport." Dans le jacuzzi installé dans sa chambre et duquel il consulte son ordinateur, il exige jeux et massages. Il oblige Safia à fumer, à boire du whisky "Black Label", à prendre de la cocaïne.drogue-heroine.JPG

 

DROGUE-copie-1.JPGElle déteste, elle a peur. La deuxième fois, elle fait "une overdose" et se retrouve à l'hôpital de Bab Al-Azizia. Lui en prend sans cesse. "Il est constamment sous substance et ne dort jamais."

Il l'emmène, en juin 2007, dans une tournée officielle de deux semaines en Afrique. Mali, Guinée-Conakry, Sierra LeoneCôte d'Ivoire, Ghana. Il l'affuble d'un treillis kaki et la présente comme garde du corps, ce qu'elle n'est pas, même si Mabrouka lui a appris à rechargerdémonternettoyer et utiliser une kalachnikov. "La tenue bleue était réservée aux vraies gardes entraînées. La tenue kaki n'était en général que du cirque !" Un soir, en Côte d'Ivoire, elle utilise du rouge à lèvres pour lui faire croirequ'elle a ses règles et qu'il la laisse tranquille. Il devient fou de rage, et la tabasse. Elle veut s'enfuir. Mabrouka assure : "Où que tu te caches, Mouammar te retrouvera et te tuera."

Les parents de Safia ont vite été mis au courant du sort de leur fille. Sa mère a puvenir la voir, une fois, au palais. Safia peut parfois la joindre par téléphone, mais la conversation est toujours écoutée. On l'a prévenue que si ses parents se plaignaient, on les tuerait. Le père est tellement honteux qu'il ne veut rien savoir. C'est lui pourtant qui organisera la fuite de sa fille. Car lassé de la voir déprimer, Kadhafi l'autorise par trois fois à rendre une courte visite à sa famille dans une voiture du palais. Lors de la quatrième, en 2009, déguisée en vieille femme, elle parvient à quitter la maison et, grâce à une complicité à l'aéroport, à prendre l'avion pour la France.

Elle y restera un an avant de repartir en Libye, de s'y cacher, de s'opposer à sa mère qui veut la marier très vite à un vieux cousin veuf, de fuir en Tunisie, de semarier en cachette en avril 2011, espérant partir avec son jeune mari vers Malte ou l'Italie. La guerre les séparera, il est grièvement blessé, elle n'aura pas de nouvelles durant plusieurs mois.

Elle fume, elle pleure, souvent. Elle se sent "démolie". Elle voudrait témoignerdevant un tribunal mais elle sait bien que l'opprobre dans son pays sera tel qu'il la rendra infréquentable. "La femme est forcément coupable." Sa vie est en danger,"Kadhafi a encore des fidèles." Elle ne sait plus où se poser.

Annick Cojean  Lemonde.be

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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 05:18

      Le Point démonte son mécanisme:26 ans de prison pour deux innocents !

      Brahim El Jabri (à droite) et Abdelkader Azzimani) ont passé respectivement quatorze et douze ans en prison pour un meurtre sauvage.

Brahim El Jabri (à droite) et Abdelkader Azzimani) ont passé respectivement quatorze et douze ans en prison pour un meurtre sauvage. © Maxppp 

Arabes, dealers, derniers à voir vu la victime et pas loin du lieu du meurtre, tout les accusait... Mais l'ADN a parlé. Abdelkader Azzimani, 47 ans, et Abderrahim El Jabri, 46 ans, condamnés à vingt ans de prison pour un crime sauvage commis en 1997 à Lunel (Hérault), sont sur la route de l'acquittement. Les deux hommes, qui ont purgé respectivement des peines de 12 ans et 14 ans, passent aujourd'hui devant la commission de révision de la Cour de cassation. Le premier pas d'une marche inexorable vers l'acquittement après 15 ans de marathon judiciaire.

Le Point révèle que l'avocate générale de la comission de révision a rendu un avis favorable à la saisine de la Cour de révision, seule juridiction à pouvoir "casser" une condamnation. Monique Valdès-Boulouque considère en effet qu'il "existe des éléments nouveaux" dans cette affaire nécessitant la saisine de la Cour de révision : la découverte récente de l'ADN d'un nouveau suspect et les déclarations de celui-ci et de son complice disculpent les condamnés. Un vrai miracle judiciaire ! En 2011, sur 126 demandes de révision, deux seulement ont été acceptées. Retour sur ce qui devrait être la 7e erreur judiciaire reconnue depuis l'après-guerre.

Acharnement

7 heures du matin, 22 décembre 1997. Un moniteur d'auto-école découvre un corps ensanglanté en contrebas d'un chemin de campagne, à Lunel.

Le cadavre, qui ne porte plus de chaussures, a été traîné sur plus de 200 mètres. Son soulier gauche se trouve à côté de sa main droite, le droit à plus de deux cents mètres de là. Les agresseurs se sont acharnés avec une rare violence. La voiture de la victime, une Renault 25 beige, est retrouvée dans le parking d'une cité voisine. Là encore, il y a du sang partout. L'autopsie recense 108 coups de couteau, assénés par deux armes différentes. Le visage, le cou, les mains, les bras, l'abdomen, le thorax..., aucune partie du corps n'est épargnée. Malgré tout, la victime est rapidement identifiée. Abdelaziz Jhilal, "Azouz" pour les amis, est connu pour être un jeune sans histoire. La communauté maghrébine, très importante à Lunel, est en état de choc. D'autant que l'enquête révèle que ce jeune marié de 22 ans est aussi un dealer de cannabis, habitué à escroquer ses clients comme ses fournisseurs. Dès lors, l'enquête s'oriente vers un règlement de comptes lié au trafic de drogue.

Les gendarmes font appel à leur réseau d'indics. Très vite, deux noms apparaissent : Abderrahim El Jabri, 32 ans, alias "l'étrangleur", un surnom sans rapport avec une quelconque agressivité, et Albdelkader Azzimani, 31 ans, appelé Raï pour ses talents de chanteur. Connus par les services de police pour être des grossistes de cannabis, ils étaient surtout les fournisseurs de la victime. "Azouz" leur devait, dixit son beau-frère, 45 000 francs. Les deux suspects sont aussitôt mis sur écoute. Le 20 avril 1998, El Jabri et Azzimami sont placés en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Lunel. Sous la pression des questions, ils reconnaissent avoir fourni cinq kilos de shit à la victime quelques heures avant sa mort. "Azouz devait rejoindre des clients et revenir avec nos 45 000 francs, il suffisait de l'attendre. On ne l'a jamais revu", confie aux gendarmes Abdelkader Azzimani, tout en clamant son innocence.

Témoin

Mais pour les enquêteurs, tout accuse les deux hommes. Non seulement ils sont les derniers à avoir vu la victime, mais ils sont passés sur les lieux du crime. Pour ne rien arranger, un témoin oculaire les confond. Errol Fargier, un Camarguais de 60 ans qui vit comme un cow-boy au milieu de ses chevaux à deux encablures du lieu du meurtre, affirme avoir assisté à une altercation entre quatre ou cinq personnes alors qu'il circulait en voiture. Assis dans sa caravane, bottes camarguaises aux pieds, Fargier se souvient : "Deux personnes en ont saisi une autre par les bras alors qu'une troisième s'agitait en face. Cet individu était maigre, 1 m 80, le profil allongé, le visage très mince, taillé au couteau, il ressemblait à une chèvre." Lors de la séance de "tapissage", Fargier reconnaît El Jabri et Azzimani. "Parmi les figurants, nous étions les seuls maghrébins jeunes", se souvient, en colère, Abderrahim El Jabri.

Malgré tout, un détail cloche dans l'audition de Fargier. Il dit avoir assisté à cette scène dans l'après-midi, or le rapport du médecin légiste est formel : la mort d'Azouz se situe vers 20 h 30. Le témoin raconte aussi qu'il a entendu depuis sa fourgonnette le dernier râle de la victime. Peu importe, les gendarmes sont convaincus de tenir les coupables. Malgré leurs constantes dénégations, El Jabri et Azzimani sont écroués pour "trafic de stupéfiants" et "homicide volontaire". Affaire bouclée !

Incohérences

Cinq ans plus tard, les deux hommes comparaissent devant la cour d'assises de Montpellier. Ils ont purgé leur peine pour trafic de stups et attendent d'être jugés pour le meurtre d'Azouz. Dans la salle d'audience, l'atmosphère est pesante. Libres dans le box, les accusés savent qu'ils risquent au moins 20 ans de prison. Méthodiquement, ils racontent leur journée et leur soirée du 21 décembre 1997. Ils expliquent aux jurés qu'ils ont bel et bien fourni 5 kilos de cannabis à Azouz mais qu'ils ne l'ont pas tué ; ils n'avaient aucune raison de le faire.

Lorsque Errol Fargier arrive à la barre, l'ambiance devient électrique. L'avocat général, Michel Legrand, pousse ce drôle de témoin dans ses retranchements. Fargier rougit, bafouille, se contredit, mais n'en démord pas. "À la fin de son audition, vers midi, on était convaincus que nos clients allaient être acquittés, raconte Jean-Marc Darrigade, l'avocat d'Azzimani. Au retour, changement d'ambiance. En fait, lors de la pause, l'avocat général, perturbé par les incohérences du témoin, en a profité pour aller consulter le procureur général. "J'ai sollicité son avis, nous a-t-il confié lors de notre rencontre chez lui à Montpellier. Le magistrat, aujourd'hui à la retraite, est célèbre pour avoir demandé l'acquittement de Richard Roman, cet ingénieur accusé du viol et du meurtre d'une fillette. "Demander un acquittement n'est pas neutre, j'ai suffisamment essuyé de critiques lors du procès Roman. Avec le procureur général, nous avons convenu que si le témoin s'était rétracté, j'aurais pu aller jusque-là. Mais Fargier n'a pas fléchi."

Nouvelle enquête

Le verdict tombe : 20 ans de prison ! Dans la salle d'audience, les chaises volent sous les hurlements des proches. "Une erreur judicaire programmée", titre le lendemain le journal local, le Midi Libre. Un an plus tard, la cour d'appel de Perpignan confirme la peine de 20 ans. Non plus pour homicide mais pour complicité. Signe que la justice doute mais ne se déjuge pas. "À l'énoncé du jugement, nous dit aujourd'hui Luc Abratkiewicz, le défenseur d'El Jabri, j'ai compris qu'il s'agissait de parfaits coupables. Des dealers, des Arabes, des histoires de pognon : ces deux hommes étaient condamnés par avance." Retour à la case prison. Du fond de leurs cellules, soutenus par leurs familles, les condamnés se lancent dans un contre-la-montre judiciaire. Ils écrivent au président de la République, au garde des Sceaux, aux journalistes. Ils utilisent Radio prison en quête du moindre indice qui pourrait les innocenter.

À l'extérieur, la famille engage Roger-Marc Moreau, ce détective connu pour avoir mené la contre-enquête dans l'affaire Omar Raddad. Fargier craque devant le détective et la caméra d'un journaliste de France 3. "J'ai confondu El Jabri avec un autre homme", reconnaît-il. L'avocat général, Michel Legrand, est pris de doutes. Il demande au nom du parquet de Montpellier une nouvelle enquête et auditionne les deux condamnés. En 2007, Le Point, contacté par El Jabri depuis sa prison, s'empare du dossier et donne la parole au magistrat. Une demande de révision près la Cour de cassation est engagée. Nouvel échec. Mais de nouvelles investigations sont diligentées par le parquet de Montpellier, un juge d'instruction nommé.

Aveux

En septembre 2010, les traces ADN retrouvées treize ans plus tôt sur la scène du crime sont versées au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Trois d'entre elles retrouvées sur le rétroviseur et la portière de la voiture de la victime, mais aussi sur une de ses chaussettes, conduisent à la piste d'un nouveau suspect. Michel Boulma, 30 ans, manutentionnaire, condamné peu de temps auparavant à une petite peine pour un trafic de stups. "J'ai toujours attendu que les gendarmes viennent me chercher pour me demander des explications, je savais qu'il y avait mon sang à cause d'une coupure au doigt, a avoué Michel Boulma au juge. Je vivais dans l'angoisse, j'avais ça derrière moi."

Placé en garde à vue, l'employé de supérette reconnaît avoir été sur les lieux du crime mais accuse un autre homme : Bouziane Helaili, 32 ans, directeur du centre de loisirs de Lunel, marié et père de deux enfants. Inconnu des services de police et jamais entendu dans la procédure, il reconnaît - alors qu'il pourrait se taire - avoir porté sur les jambes de la victime entre cinq et quinze coups de couteau. Mais pour les coups mortels, il accuse son complice. À l'époque, il avait présenté ses condoléances à la famille de la victime. Par ailleurs, il s'occupait des enfants de l'un des deux condamnés. "Je regrette pour MM. Azzimani et El Jabri, car si j'avais parlé....", a-t-il confié au juge. Lui et son complice se seraient ensemble débarrassés du corps de la victime avant de s'enfuir avec sa voiture. Ils auraient ensuite partagé les 5 kilos de cannabis d'Azouz.

Aujourd'hui, un sentiment d'immense gâchis domine. Du côté de la famille de la victime, la plaie est rouverte. "J'ai le goût amer d'avoir participé à une machine judiciaire capable de fabriquer des coupables, confie Me Ferri, l'avocat des soeurs de la victime. Il faudra analyser ces dysfonctionnements et en tirer des conséquences." Au début de l'affaire, l'épouse de la victime avait fait état d'une dette d'argent entre son défunt mari et un dénommé "Bouziane". Une dette de 10 000 euros en réalité. Cette piste n'avait alors pas été suivie. Contacté par Le Point, un des enquêteurs de l'époque lâche que "lorsqu'une enquête s'oriente mal, c'est presque irrattrapable. Même quand tout semble accuser des suspects, comme c'était le cas dans l'affaire de Lunel, il faut redoubler de vigilance. Les enquêtes sont fragiles et les hommes faillibles."

La décision de la Cour de révision a été mise en délibéré. Réponse : Ils sont libres !BRAVO

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 08:23

 

Un Belge a proposé à Kadhafi de le sauver... pour 10 millions de dollars

Kadhafi aurait-il pu être sauvé par un Belge? AFP

Il a loupé le coche !

 

Un groupe de lobbyistes a adressé une lettre de trois pages au colonel. Il lui proposait de réussir sa sortie afin d'éviter tout bain de sang supplémentaire. L'auteur et signataire de la lettre? Un... Belge dénommé Dirk Borgers.

Pierre Nizet  EX SUDPRESSE.BE

 

C'est Sudpresse qui diffuse cette information dans ses journaux du dimanche: l'homme âgé de 68 ans a confirmé l'information au journaliste américain qui est parvenu à le joindre. “ J'étais présent en Libye à cette époque et j'ai vu ce qui se passait. J'ai voulu qu'on arrête cette boucherie. J'estimais que Kadhafi devait rester au poste jusqu'au moment des élections ”, explique cet ingénieur de formation qui a beaucoup bourlingué en Afrique.

L'homme qui serait originaire de Lokeren est plutôt clément avec l'ancien dictateur. Au New York Post, il affirme qu'il n'était pas si brutal que ça, qu'il a créé un pays à partir de rien en 42 ans. “ La population avait un bon niveau de vie ”, estime-t-il encore.

La proposition n'était pas gratuite. Elle coûtait... 10 millions de dollars! Dans sa lettre, le Belge associait un groupe d'experts américains, l'American Action Group composé notamment de Neil Livingstone, spécialiste en lutte contre le terrorisme, écrivain, présentateur à la télé et candidat républicain au poste de gouverneur du Montana. Mais aussi de Marty Martin, un ex de la CIA qui avait été chargé de retrouver la trace de Ben Ladden, de Neil Apert qui avait œuvré dans un groupe de lobby pro-israélien et l'avocat Randell Wood de Kansas City. Ce dernier défendait les intérêts de particuliers et d'associations libyens depuis les années 80.

Pour les 10 millions de dollars, Kadhafi ne se payait qu'une certitude: que l'American Action Group acceptait de s'occuper de lui! “ Nous n'étions pas mus par l'appât de l'argent ”, précise pourtant Dirk Borgers qui n'a jamais reçu de réponse de Kadhafi...EXCLAMATION 3-copie-5

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 09:34

      

"Je ne voulais pas serrer la main d'hommes qui avaient tué. Je ne pouvais pas. Et pourtant lorsqu'ils sont entrés, j'ai vu les visages de ces trois hommes sur lesquels il n'était pas inscrit le mot assassin. Naturellement j'ai répondu à leur geste en tendant ma main." Geneviève Celant raconte ce jour où ses principes se sont évanouis. Violée à dix-huit ans, cette retraitée énergique de 68 ans a perdu sa nièce, violée et assassinée à quinze ans par un jeune garçon. Anéantie par ces épreuves, elle a accepté, il y a deux ans, de participer avec deux autres parents de victimes, à des rencontres victimes-auteurs organisées par la maison d'arrêt de Poissy (Yvelines). Unique en France, l'expérience pourrait se multiplier à l'avenir. La ministre de la Justice Christiane Taubira s'est dite favorable au développement de cette démarche.

"Haine et vengeance"

Inspirée du système canadien, cette justice dite "restaurative" repose sur le principe de substitution. À Poissy, durant cinq mois, trois parents de victimes ont fait face à trois auteurs de crimes semblables à ceux subis par leurs proches. L'objectif : la prise de conscience de la portée de leur geste pour les détenus, la possibilité de poser des questions pour les victimes et la lutte contre la récidive.

"Si la justice répond aux conséquences de l'acte, au bénéfice des protagonistes directs, elle le fait plus rarement au profit de leurs proches. Elle laisse en suspens les répercussions, multiples, profondes et douloureuses engendrées par le crime", analyse le professeur en criminologie Robert Cario (1).

"Je voulais expliquer les souffrances que l'on endurait, nous, victimes collatérales", raconte Geneviève Celant. "Au début ils avaient peur parce qu'ils pensaient que l'on amenait avec nous de la haine et de la vengeance", ajoute-t-elle. Mais "tout s'est enchaîné naturellement. C'était trop facile et ça m'a beaucoup perturbée", raconte Marie-José Boulay, une autre participante, dont la fille de neuf ans a été assassinée en 1998. "Durant les intermèdes, je me disais : mais où tu vas ? Il fallait que je me rappelle qu'ils étaient auteurs de crime. Pourtant, lorsque les discussions se poursuivaient, l'humain prenait toujours le dessus", souligne-t-elle.

"Nous sommes à distance de l'événement. Il n'y a plus rien à espérer du point de vue de la sanction, de la réparation. Si l'acte cristallise encore les souffrances, la personne va très vite prendre le dessus pour que l'échange puisse s'installer", indique Robert Cario. Aussi difficile que nécessaire, apprendre à dissocier l'acte de l'individu reste une des clés de réussite de ces rencontres.

Des questions sans réponse

"Très vite, nous avions compris que leur geste était lié à certaines circonstances et à leur histoire personnelle. Notre objectif était surtout de comprendre comment ils en étaient arrivés là, même si on ne peut pas comprendre qu'on puisse tuer quelqu'un", admet Geneviève Celant. "Nous avions conscience d'être très inquisitrices. Nous les remettions face à leur crime. C'est violent pour eux. Par nos questions, nous les avons obligés à entrer dans ce moment-là pour comprendre comment ils percevaient leur victime, ajoute Marie-José Boulay. Ils m'ont fait comprendre qu'en réalité ils ne la percevaient pas. Ils avaient en face d'eux un objet sur lequel ils exprimaient leur colère."

Le programme n'aide pas la victime à comprendre le passage à l'acte, chaque cas étant particulier, mais il aide "la victime à arrêter de se torturer avec des questions qui n'auront peut-être jamais de réponses", note "Z", un des détenus qui a pris part aux rencontres. "Pendant vingt-deux ans, je m'étais arrangée avec moi-même sur des questions en suspens et qui revenaient régulièrement au détour d'un fait divers. Mais cette expérience m'a permis d'accepter que des questions restent à jamais sans réponse. Ça n'efface rien, mais c'est aujourd'hui une source d'apaisement", reconnaît Marie-José Boulay.

Du côté des détenus, si tous ne sont pas allés "au bout des choses", les échanges ont permis "une reconquête de l'estime de soi" et "une responsabilisation" des faits. Des succès qui peuvent amener à une resocialisation réussie, un premier barrage à la récidive.  

ex Le Point

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